Acte IV, scène 7
De Guiche revient de l’inspection et renifle : cela sent bon. Les cadets font diversion en chantant et en jouant les innocents. Il annonce qu’un canon a été amené dans le camp, constate qu’on lui cache quelque chose, et finit par rester, décidant de partager le sort de la compagnie. À l’écart, Christian apprend de Cyrano combien de lettres sont parties, tous les jours, deux fois.
Deux scènes se superposent : une comédie de dissimulation à l’avant-plan, une découverte grave à l’arrière. L’équilibre est délicat, car le rire du groupe ne doit pas couvrir la conversation qui décide de la suite. Le retournement de De Guiche, qui choisit de rester, ne vaut que s’il a été joué jusque-là comme un homme réellement menacé dans son orgueil.
66 répliques, la plupart courtes, avec beaucoup de fausses réponses et de bruits couverts. La mémorisation est facile, la coordination l’est beaucoup moins. Scène de groupe, utile en atelier pour travailler la simultanéité de deux plans de jeu.
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Créer un compte gratuit pour téléchargerCela sent bon.
To lo lo !…
Qu’avez-vous, vous ?… Vous êtes tout rouge !
Moi ?… Mais rien. C’est le sang. On va se battre : il bouge !
Poum… poum… poum…
Qu’est cela ?
Rien ! C’est une chanson ! Une petite…
Vous êtes gai, mon garçon !
L’approche du danger !
Capitaine ! je… (Il s’arrête en le voyant.) Peste ! Vous avez bonne mine aussi !
Oh !…
Il me reste Un canon que j’ai fait porter… (Il montre un endroit dans la coulisse.) là, dans ce coin, Et vos hommes pourront s’en servir au besoin.
Charmante attention !
Douce sollicitude !
Ah çà ! mais ils sont fous ! — (Sèchement.) N’ayant pas l’habitude Du canon, prenez garde au recul.
Ah ! pfftt !
Mais !…
Le canon des Gascons ne recule jamais !
Vous êtes gris !… De quoi ?
De l’odeur de la poudre !
Vite, à quoi daignez-vous, madame, vous résoudre ?
Je reste !
Fuyez !
Non !
Puisqu’il en est ainsi, Qu’on me donne un mousquet !
Comment ?
Je reste aussi.
Enfin, Monsieur ! voilà de la bravoure pure !
Seriez-vous un Gascon malgré votre guipure ?
Quoi… !
Je ne quitte pas une femme en danger.
Dis donc ! Je crois qu’on peut lui donner à manger ! (Toutes les victuailles reparaissent comme par enchantement.)
Des vivres !
Il en sort de sous toutes les vestes !
Est-ce que vous croyez que je mange vos restes !
Vous faites des progrès !
Je vais me battre à jeun !
À jeung ! Il vient d’avoir l’accent !
Moi !
C’en est un ! (Ils se mettent tous à danser.)
J’ai rangé mes piquiers, leur troupe est résolue ! (Il montre une ligne de piques qui dépasse la crête.)
Acceptez-vous ma main pour passer leur revue ?… (Elle la prend, ils remontent vers le talus. Tout le monde se découvre et les suit.)
Parle vite ! (Au moment où Roxane paraît sur la crête, les lances disparaissent, abaissées pour le salut, un cri s’élève : elle s’incline.)
Vivat !
Quel était ce secret !
Dans le cas où Roxane…
Eh bien ?
Te parlerait Des lettres ?
Oui, je sais !…
Ne fais pas la sottise De t’étonner…
De quoi ?
Il faut que je te dise !… Oh ! mon Dieu, c’est tout simple, et j’y pense aujourd’hui En la voyant. Tu lui…
Parle vite !
Tu lui… As écrit plus souvent que tu ne crois.
Hein ?
Dame ! Je m’en étais chargé : J’interprétais ta flamme ! J’écrivais quelquefois sans te dire : j’écris !
Ah ?
C’est tout simple !
Mais comment t’y es-tu pris, Depuis qu’on est bloqué pour ?…
Oh !… avant l’aurore Je pouvais traverser…
Ah ! c’est tout simple encore ? Et qu’ai-je écrit de fois par semaine ?… Deux ? — Trois ?… Quatre ? —
Plus.
Tous les jours ?
Oui, tous les jours. — Deux fois.
Et cela t’enivrait, et l’ivresse était telle Que tu bravais la mort…
Tais-toi ! Pas devant elle ! (Il rentre vivement dans sa tente.)