Scène
Acte III, scène 6
Par Edmond Rostand
Christian, éconduit, appelle à l’aide : il veut rentrer en grâce à l’instant même. La fenêtre du balcon s’éclaire, la nuit est noire, et Cyrano y voit la solution. Il place Christian sous le balcon, se met dessous pour lui souffler ses mots, poste ses deux pages à chaque coin de rue avec la consigne de jouer un air gai pour une femme et triste pour un homme, puis fait appeler Roxane.
Scène d’organisation : elle installe un dispositif que le spectateur doit comprendre avant qu’il ne serve. L’efficacité tient à la vitesse et à la clarté des consignes, données dans l’urgence et à voix basse. Jouée trop calmement, elle expose une mécanique ; jouée dans la panique seule, elle devient confuse et le stratagème ne se lit plus.
22 répliques brèves, avec un passage plus fourni pour Cyrano qui distribue les rôles. Mémorisation légère, le point délicat étant l’ordre des instructions. Séquence de liaison utile en atelier, notamment pour travailler l’espace, les niveaux et le chuchotement, avant d’aborder la scène du balcon.
Chapitre : Acte III
Choisis ton rôle pour lancer le mode flashcard :
Au secours !
Au secours !Non, monsieur.
Au secours !Non, monsieur.Je meurs si je ne rentre En grâce, à l’instant même…
En grâce, à l’instant même…Et comment puis-je, diantre ! Vous faire à l’instant même, apprendre ?…
Vous faire à l’instant même, apprendre ?…Oh ! là, tiens, vois ! ((La fenêtre du balcon s’est éclairée.))
Sa fenêtre !
Sa fenêtre !Je vais mourir !
Sa fenêtre !Je vais mourir !Baissez la voix !
Mourir !…
Mourir !…La nuit est noire…
Mourir !…La nuit est noire…Eh bien ?
Mourir !…La nuit est noire…Eh bien ?C’est réparable ! Vous ne méritez pas… Mets-toi là, misérable ! Là, devant le balcon ! Je me mettrai dessous… Et je te soufflerai tes mots.
Et je te soufflerai tes mots.Mais…
Et je te soufflerai tes mots.Mais…Taisez-vous !
Hep !
Hep !Chut !… ((Il leur fait signe de parler bas.))
Hep !Chut !…Nous venons de donner la sérénade À Montfleury !…
À Montfleury !…Allez vous mettre en embuscade L’un à ce coin de rue, et l’autre à celui-ci ; Et si quelque passant gênant vient par ici, Jouez un air !
Jouez un air !Quel air, monsieur le gassendiste ?
Joyeux pour une femme, et pour un homme, triste ! ((Les pages disparaissent, un à chaque coin de rue. — À Christian.)) Appelle-la !
Appelle-la !Roxane !
Appelle-la !Roxane !Attends ! Quelques cailloux.