Scène
Acte II, scène 11
Par Edmond Rostand
Les cadets, qui s’attendaient à un carnage, passent la tête et découvrent les deux hommes embrassés. Consternation générale : leur démon tend l’autre narine. Un mousquetaire en profite pour tenter la plaisanterie interdite et vient renifler ostensiblement autour de Cyrano en demandant ce que cela sent. La réponse, « la giroflée », est accompagnée d’un soufflet, et les cadets retrouvent leur homme.
Un épilogue d’acte, court et purement rythmique. Tout est dans le silence initial, la fausse déception du groupe, puis la brusque détente. La scène ne tient que si l’attente est réellement jouée avant l’entrée du mousquetaire ; expédiée, elle devient une pointe isolée sans préparation.
8 répliques à peine, mais deux d’entre elles portent l’essentiel du texte, avec des didascalies de jeu abondantes. C’est une scène de liaison : elle referme l’acte plus qu’elle ne développe une situation, et se retient en quelques minutes. Utile en atelier pour travailler un effet de groupe et une chute, moins pertinente en audition.
Chapitre : Acte II
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Ah ! mon ami ! Plus rien… Un silence de mort… Je n’ose regarder… ((Il passe la tête.)) Je n’ose regarder…Hein ?
Je n’ose regarder…Hein ? Ah !… Oh !…
Je n’ose regarder…Hein ? Ah !… Oh !…C’est trop fort ! ((Consternation.))
Ouais ?…
Ouais ?…Notre démon est doux comme un apôtre ! Quand sur une narine on le frappe, — il tend l’autre ?
On peut donc lui parler de son nez, maintenant ?… ((Appelant Lise, d’un air triomphant.)) — Eh ! Lise ! Tu vas voir ! ((Humant l’air avec affectation.)) — Eh ! Lise ! Tu vas voir ! Oh !… oh !… c’est surprenant !
Quelle odeur !… ((Allant à Cyrano, dont il regarde le nez avec impertinence.)) Quelle odeur !…Mais monsieur doit l’avoir reniflée ? Qu’est-ce que cela sent ici ?…
Qu’est-ce que cela sent ici ?…La giroflée ! ((Joie. Les cadets ont retrouvé Cyrano ; ils font des culbutes.))