Scène
Acte II, scène 8
Par Marivaux
Silvia reste seule, encore secouée par ce qu’elle vient d’entendre. Elle s’indigne de la liberté que prennent les domestiques, refuse l’idée qu’on lui a mise en tête, et se reprend à l’instant précis où celui dont il est question s’annonce.
Le monologue est un aveu à contretemps : le personnage nie exactement ce qu’il vient de découvrir. La dernière phrase, où elle excuse d’avance le garçon, dit le contraire de tout le reste. L’interprète doit jouer la protestation sincère, puis laisser la contradiction se produire d’elle-même, sans la souligner.
3 répliques en prose pour une seule voix, soit un très court monologue. La mémorisation est immédiate, mais le passage exige une grande netteté dans le renversement final. Bon exercice d’aparté pour un travail individuel, et transition indispensable vers le duo qui suit.
Chapitre : Acte II
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Je frissonne encore de ce que je lui ai entendu dire. Avec quelle impudence les domestiques ne nous traitent-ils pas dans leur esprit ! Comme ces gens-là vous dégradent ! Je ne saurais m’en remettre ;
je n’oserais songer aux termes dont elle s’est servie, ils me font toujours peur. Il s’agit d’un valet ! Ah ! l’étrange chose ! Écartons l’idée dont cette insolente est venue me noircir l’imagination.
Voici Bourguignon, voilà cet objet en question pour lequel je m’emporte ; mais ce n’est pas sa faute, le pauvre garçon ! et je ne dois pas m’en prendre à lui.