Scène
Acte II, scène 13
Par Marivaux
Silvia court apprendre la nouvelle à son frère, mais dans un désordre tel qu’il n’y comprend rien. Elle finit par lâcher l’essentiel, veut aussitôt en avertir leur père, et demande qu’on l’aide en feignant d’être amoureux d’elle.
Le comique naît d’une confusion de noms : la même personne s’appelle successivement de deux façons, et l’interlocuteur s’y perd tout à fait. Sous l’agitation perce déjà le projet du troisième acte. L’interprète doit jouer une excitation qui ne laisse pas le temps de s’expliquer, l’autre une patience débordée.
14 répliques en prose, presque toutes très brèves. La mémorisation est rapide, mais l’enchaînement doit être exact, faute de quoi le quiproquo ne fonctionne plus. Scène courte et efficace, utile pour travailler la vitesse de dialogue dans un duo frère et sœur.
Chapitre : Acte II
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Je viens te retrouver, ma sœur. Nous t’avons laissée dans des inquiétudes qui me touchent ; je veux t’en tirer, écoute-moi.
Ah vraiment, mon frère, il y a bien d’autres nouvelles !
Qu’est-ce que c’est ?
Ce n’est point Bourguignon, mon frère ; c’est Dorante.
Duquel parlez-vous donc ?
De lui, vous dis-je ; je viens de l’apprendre tout à l’heure. Il sort ; il me l’a dit lui-même.
Qui donc ?
Vous ne m’entendez donc pas ?
Si j’y comprends rien, je veux mourir.
Venez, sortons d’ici ; allons trouver mon père, il faut qu’il le sache. J’aurai besoin de vous aussi, mon frère. Il me vient de nouvelles idées ; il faudra feindre de m’aimer.
Vous en avez déjà dit quelque chose en badinant ; mais surtout gardez bien le secret, je vous en prie…
Oh ! je le garderai bien, car je ne sais ce que c’est.
Allons, mon frère, venez ; ne perdons point de temps. Il n’est jamais rien arrivé d’égal à cela.
Je prie le ciel qu’elle n’extravague pas.