Scène
Acte IV, Scène première
Par Jean Racine
Agrippine a été retenue dans le palais sur l’ordre de son fils. Burrhus vient lui annoncer que l’empereur consent enfin à l’entendre, et lui donne un conseil avant l’entrevue : se défendre plutôt qu’accuser, et lui tendre les bras.
Quatre tirades brèves, puis une réplique. Burrhus rappelle ce que la suite va démentir : Néron n’est plus l’ouvrage de sa mère, il est son empereur, et la cour se règle sur lui seul. Agrippine ne répond rien à l’argument, elle demande seulement qu’on la laisse seule avec lui. Le refus tient dans ce silence.
5 répliques en alexandrins, moins de huit cents signes. Trop courte pour être travaillée isolément, elle sert surtout à préparer le grand affrontement qui suit et à mesurer la position de Burrhus au début de l’acte IV.
Chapitre : Acte IV
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Oui, madame, à loisir vous pourrez vous défendre ; César lui-même ici consent de vous entendre. Si son ordre au palais vous a fait retenir, C’est peut-être à dessein de vous entretenir.
Quoi qu’il en soit, si j’ose expliquer ma pensée, Ne vous souvenez plus qu’il vous ait offensée ; Préparez-vous plutôt à lui tendre les bras, Défendez-vous, madame, et ne l’accusez pas.
Vous voyez, c’est lui seul que la cour envisage. Quoiqu’il soit votre fils, et même votre ouvrage, Il est votre empereur. Vous êtes, comme nous, Sujette à ce pouvoir qu’il a reçu de vous.
Selon qu’il vous menace, ou bien qu’il vous caresse, La cour autour de vous ou s’écarte ou s’empresse. C’est son appui qu’on cherche en cherchant votre appui. Mais voici l’empereur.
Mais voici l’empereur. Qu’on me laisse avec lui.