Scène

Acte III, Scène IX

Par Jean Racine

L’entrevue vient de finir sur un ordre donné aux gardes. Persuadé qu’Agrippine a ménagé la rencontre de Junie et de Britannicus, Néron décide de faire retenir sa mère dans le palais et de remplacer sa garde par la sienne. Burrhus arrive au milieu de cet ordre.

Sept répliques suffisent à faire basculer l’acte. Burrhus s’oppose d’un mot — « Quoi ! seigneur, sans l’ouïr ! Une mère ! » — et découvre qu’il est désormais suspect lui-même : la menace finale le vise autant qu’elle. Il faut y entendre un homme qui perd son crédit en une réplique, pas un conseiller qui insiste.

7 répliques en alexandrins, très courtes, avec une indication de jeu (Néron aperçoit Burrhus au milieu de sa tirade). La brièveté rend l’apprentissage rapide, mais l’enchaînement est serré, chaque réplique coupant la précédente. Bon extrait pour travailler la rupture de rythme à deux.

Chapitre : Acte III

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BURRHUS

Que vois-je ? Ô ciel !

NÉRON

Que vois-je ? Ô ciel ! Ainsi leurs feux sont redoublés ; Je reconnais la main qui les a rassemblés.

NÉRON

Agrippine ne s’est présentée à ma vue, Ne s’est dans ses discours si longtemps étendue, Que pour faire jouer ce ressort odieux. ((apercevant Burrhus.))

NÉRON

Burrhus, dans ce palais je veux qu’on la retienne, Et qu’au lieu de sa garde on lui donne la mienne.

BURRHUS

Quoi ! seigneur, sans l’ouïr ! Une mère !

NÉRON

Quoi ! seigneur, sans l’ouïr ! Une mère ! Arrêtez : J’ignore quels projets, Burrhus, vous méditez ; Mais, depuis quelques jours, tout ce que je désire Trouve en vous un censeur prêt à me contredire.

NÉRON

Répondez-m’en, vous dis-je, ou, sur votre refus, D’autres me répondront et d’elle et de Burrhus.

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