Scène
Acte II, scène 8
Par Pierre Corneille
Les femmes sorties, les hommes se séparent. Horace demande à son père de les empêcher de les rejoindre sur le terrain ; le vieillard promet, renvoie son fils vers ses frères, et Curiace cherche en vain une formule d’adieu qui convienne.
C’est la dernière parole avant le combat, et elle échoue : le père avoue que sa voix manque de mots et qu’il a lui-même les larmes aux yeux. L’aveu de faiblesse, chez ce personnage-là, vaut plus que toutes les exhortations. La scène se clôt sur un vers d’abandon aux dieux, souvent cité.
6 répliques en alexandrins, courtes et frontales. La brièveté rend la mémorisation aisée, mais la chute demande un placement précis pour ne pas tomber dans le sentimental. Bon support pour travailler une sortie de scène à trois et une fin d’acte.
Chapitre : Acte II
Choisis ton rôle pour lancer le mode flashcard :
695Mon père, retenez des femmes qui s’emportent, Et de grâce empêchez surtout qu’elles ne sortent. Leur amour importun viendroit avec éclat Par des cris et des pleurs troubler notre combat ;
Et ce qu’elles nous sont feroit qu’avec justice 700On nous imputeroit ce mauvais artifice. L’honneur d’un si beau choix seroit trop acheté, Si l’on nous soupçonnoit de quelque lâcheté.
J’en aurai soin. Allez, vos frères vous attendent ; Ne pensez qu’aux devoirs que vos pays demandent.
705Quel adieu vous dirai-je ? et par quels compliments…
Ah ! N’attendrissez point ici mes sentiments ; Pour vous encourager ma voix manque de termes ; Mon cœur ne forme point de pensers assez fermes ; Moi-même en cet adieu j’ai les larmes aux yeux.
710Faites votre devoir, et laissez faire aux Dieux.