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Acte II, scène 7

Le vieil Horace entre et trouve les combattants retenus par les larmes. Il les chasse d’un mot, sans discuter, et leur reproche de perdre le temps avec des femmes à l’heure où il faut verser le sang. Sabine lui répond qu’il n’a rien à craindre de ce côté.

Cette entrée change le régime de la scène : la parole devient ordre. Sabine, loin de plier, retourne l’argument et se retire d’elle-même, en emmenant sa belle-sœur vers le désespoir. Le comédien doit imposer une autorité brève, la comédienne un renoncement qui garde toute sa dignité.

5 répliques en alexandrins seulement, mais chacune ramassée et de bonne longueur. La mémorisation est rapide et la scène se travaille en un temps court, ce qui en fait un bon exercice d’entrée en scène et de rupture de rythme pour deux interprètes.

5 répliquesPierre Corneille
Le texte
vos répliques
LE VIEIL HORACE

Qu’est-ce-ci, mes enfants ? écoutez-vous vos flammes, Et perdez-vous encor le temps avec des femmes ? Prêts à verser du sang, regardez-vous des pleurs ? Fuyez, et laissez-les déplorer leurs malheurs.

LE VIEIL HORACE

Leurs plaintes ont pour vous trop d’art et de tendresse. Elles vous feroient part enfin de leur foiblesse, Et ce n’est qu’en fuyant qu’on pare de tels coups.

SABINE

N’appréhendez rien d’eux, ils sont dignes de vous. Malgré tous nos efforts, vous en devez attendre Ce que vous souhaitez et d’un fils et d’un gendre ;

SABINE

Et si notre foiblesse ébranloit leur honneur, Nous vous laissons ici pour leur rendre du cœur. Allons, ma sœur, allons, ne perdons plus de larmes : Contre tant de vertus ce sont de foibles armes.

SABINE

Ce n’est qu’au désespoir qu’il nous faut recourir. Tigres, allez combattre, et nous, allons mourir.