Scène
Acte IV, scène 6
Par Victor Hugo
Bref intermède : don Salluste entre dans la maison qu’il croyait vide et s’étonne du couvert dressé, du bruit de pas qui s’éloigne et de l’absence de Ruy Blas. Il reconstitue à voix haute ce qu’il sait, le page suivi par Gudiel jusque chez don Guritan, et comprend qu’un avertissement a été donné. Sa combinaison prend l’eau, et il ne l’avait pas prévu.
Tout l’intérêt tient dans l’inquiétude d’un homme qui n’est jamais inquiet. Le spectateur, lui, sait déjà ce que le maître découvre, si bien que la scène installe une attente plutôt qu’une information. Le comédien doit jouer la pensée en marche, l’œil qui relève les indices, et faire sentir que la machine si bien montée vient de rencontrer un grain de sable.
4 répliques seulement pour un seul personnage, six cent cinquante caractères : c’est une courte scène de liaison, destinée à faire tourner l’intrigue entre deux morceaux comiques. Elle se mémorise en quelques minutes et sert utilement d’échauffement ou de transition dans un montage d’extraits.
Chapitre : Acte IV
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De tuer don César. Sortons !Aucuns apprêts ! (Apercevant la table chargée de mets.) Que veut dire ceci ? (Écoutant le bruit des pas de César et de Guritan.) Que veut dire ceci ?Quel est donc ce tapage ?
(Il se promène rêveur sur l’avant-scène.) Gudiel ce matin a vu sortir le page Et l’a suivi. — Le page allait chez Guritan. — Je ne vois pas Ruy Blas. — Et ce page… — Satan ! C’est quelque contre-mine !
oui, quelque avis fidèle Dont il aura chargé don Guritan pour elle ! — On ne peut rien savoir des muets ! — C’est cela ! Je n’avais pas prévu ce don Guritan-là ! (Rentre don César.
Il tient à la main l’épée nue qu’il jette en entrant sur un fauteuil.)