Scène
Acte II, Scène XII
Par Molière
Béralde, le frère d’Argan, paraît pour la première fois. Il vient proposer un parti pour sa nièce et trouve son frère au fond d’une chaise, se disant dans une faiblesse si grande qu’il n’a pas même la force de parler.
L’effet est immédiat : à peine le nom d’Angélique prononcé, la voix revient et le malade se déchaîne contre sa fille, promise au couvent avant qu’il soit deux jours. Béralde le relève à haute voix, remet l’affaire à plus tard et annonce un divertissement pour dissiper le chagrin de son frère. Tout le personnage est là : patient, ironique, jamais dupe, décidé à traiter l’entêtement par le détour plutôt que de front.
11 répliques en prose, brèves, avec trois développements un peu plus longs pour Béralde à la fin. Mémorisation aisée. Scène d’entrée de personnage, utile en atelier pour travailler un premier contact et le brusque renversement d’énergie qu’elle contient.
Chapitre : Acte II
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Hé bien, mon frère ! qu’est-ce ? Comment vous portez-vous ?
Ah ! mon frère, fort mal.
Comment ! fort mal ?
Oui, je suis dans une foiblesse si grande, que cela n’est pas croyable.
Voilà qui est fâcheux.
Je n’ai pas seulement la force de pouvoir parler.
J’étois venu ici, mon frère, vous proposer un parti pour ma nièce Angélique.
Mon frère, ne me parlez point de cette coquine-là. C’est une friponne, une impertinente, une effrontée, que je mettrai dans un couvent avant qu’il soit deux jours.
Ah ! voilà qui est bien ! Je suis bien aise que la force vous revienne un peu, et que ma visite vous fasse du bien. Oh çà, nous parlerons d’affaires tantôt.
Je vous amène ici un divertissement que j’ai rencontré, qui dissipera votre chagrin, et vous rendra l’ame mieux disposée aux choses que nous avons à dire.
Ce sont des Égyptiens vêtus en Mores, qui font des danses mêlées de chansons, où je suis sûr que vous prendrez plaisir ; et cela vaudra bien une ordonnance de monsieur Purgon. Allons.