Scène

Acte II, Scène III

Par Jean Racine

Hermione vient de promettre à Oreste de le suivre si Pyrrhus la renvoie. Resté seul, il savoure d’avance ce qu’il croit acquis : le roi ne songe qu’à sa captive troyenne et cherchera bien un prétexte pour éloigner la fille de Ménélas.

Court monologue d’illusion, placé juste avant le retournement. Le comédien doit tenir une joie entière et sans réserve — c’est l’unique moment où Oreste espère —, sachant que Pyrrhus entre à la scène suivante pour tout démentir. Jouée avec prudence, ou déjà teintée d’amertume, elle perd l’effet de contraste que Racine organise.

4 répliques seulement, mais des alexandrins d’un seul tenant, sans interlocuteur pour relancer. La difficulté tient à l’absence d’appui : rien ne rattrape un trou de mémoire. Format commode pour un travail de monologue en cours, ou comme respiration dans un enchaînement d’extraits en atelier.

Chapitre : Acte II

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ORESTE

Oui, oui, vous me suivrez, n’en doutez nullement Je vous réponds déjà de son consentement. Je ne crains pas enfin que Pyrrhus la retienne : Il n’a devant les yeux que sa chère Troyenne ; Tout autre objet le blesse ;

ORESTE

et peut-être aujourd’hui Il n’attend qu’un prétexte à l’éloigner de lui. Nous n’avons qu’à parler : c’en est fait. Quelle joie D’enlever à l’Épire une si belle proie !

ORESTE

Sauve tout ce qui reste et de Troie et d’Hector, Garde son fils, sa veuve, et mille autres encor, Épire : c’est assez qu’Hermione rendue Perde à jamais tes bords et ton prince de vue.

ORESTE

Mais un heureux destin le conduit en ces lieux. Parlons. À tant d’attraits, Amour, ferme ses yeux ?

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