Scène
Acte I, Scène III
Par Jean Racine
Oreste vient de sortir. Resté seul avec Phœnix, son gouverneur, Pyrrhus s’entend faire remarquer qu’il envoie l’ambassadeur droit chez Hermione, sa propre promise, et que l’ancien amant pourrait bien y reprendre sa place.
Six répliques suffisent à mesurer le désintérêt de Pyrrhus : qu’ils s’aiment, qu’ils partent, cela l’arrangerait. L’aveu est indirect, et il coupe court dès qu’Andromaque paraît. Phœnix pose l’inquiétude, Pyrrhus la balaie — l’écart entre le roi et le serviteur doit rester audible, faute de quoi l’échange se réduit à un simple raccord de texte.
6 répliques, moins de 500 signes : c’est une scène de liaison. Elle éclaire la bascule entre l’ambassade et la première rencontre avec Andromaque, et se travaille avec les scènes voisines plutôt qu’isolée. Utile pour situer l’acte I et comprendre la mécanique de la pièce, peu adaptée à un passage d’audition ou d’oral.
Chapitre : Acte I
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Ainsi vous l’envoyez aux pieds de sa maîtresse !
On dit qu’il a longtemps brûlé pour la princesse.
Mais si ce feu, seigneur, vient à se rallumer, S’il lui rendait son cœur, s’il s’en faisait aimer ?
Ah ! qu’ils s’aiment, Phœnix ! J’y consens : qu’elle parte : Que, charmés l’un de l’autre, ils retournent à Sparte ; Tous nos ports sont ouverts et pour elle et pour lui. Qu’elle m’épargnerait de contrainte et d’ennui !
Seigneur…
Seigneur… Une autre fois je t’ouvrirai mon âme ; Andromaque paraît.