Scène
Acte III, Scène XII
Par Molière
Léandre revient avec ce qu’il a appris de ceux qui détenaient Zerbinette : elle est née dans cette ville, d’honnête famille, et leur a été dérobée à l’âge de quatre ans. Il produit un bracelet donné par eux ; Argante le reconnaît aussitôt comme celui de la fille qu’il avait perdue.
Seconde reconnaissance, exactement parallèle à celle qui vient d’avoir lieu pour Hyacinte. Elle lève le dernier obstacle et rend le double mariage possible. Ce qui la fait tenir, c’est la brièveté : six répliques pour un retournement complet. Jouée avec une émotion appuyée, elle s’alourdit ; le procédé est assumé, il se joue au comptant et sans insistance.
6 répliques en prose, quatre personnages, moins d’une minute. La longue première réplique de Léandre porte toute l’information et se retient par sa logique d’énumération. Passage à monter dans la continuité des scènes voisines : pris isolément, il n’offre pas assez de matière pour une audition.
Chapitre : Acte III
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Mon père, ne vous plaignez point que j’aime une inconnue, sans naissance et sans bien. Ceux de qui je l’ai rachetée viennent de me découvrir qu’elle est de cette ville, et d’honnête famille ;
que ce sont eux qui l’y ont dérobée à l’âge de quatre ans ; et voici un bracelet qu’ils m’ont donné, qui pourra nous aider à trouver ses parents.
Hélas ! à voir ce bracelet, c’est ma fille que je perdis à l’âge que vous dites.
Votre fille ?
Oui, ce l’est ; et j’y vois tous les traits qui m’en peuvent rendre assuré. Ma chère fille !…
Ô ciel ! que d’aventures extraordinaires !