Scène

Acte III, Scène VI

Par Molière

Argante vient de comprendre qu’on lui a soutiré deux cents pistoles au moyen d’une comédie montée de toutes pièces. Il tombe sur Sylvestre et l’accuse d’avoir agi de concert avec Scapin et avec son propre fils pour le berner.

Trois répliques, une seule fonction : montrer que les pères commencent à savoir, et que Sylvestre lâche son complice sans hésiter une seconde. La colère d’Argante doit arriver déjà installée et non se déclencher à l’entrée ; jouée à froid, elle n’a nulle part où monter. Sa formule finale — ne pas se laisser faire passer la plume par le bec — annonce la contre-offensive des deux vieillards.

3 répliques en prose, deux rôles. C’est une scène de liaison : elle se mémorise en une lecture et sert à situer l’accélération du dernier acte plutôt qu’à constituer un passage autonome. À travailler dans la continuité des scènes voisines, en cours ou en atelier, jamais isolément.

Chapitre : Acte III

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ARGANTE

Vous vous êtes donc accordés, coquin, vous vous êtes accordés, Scapin, vous et mon fils, pour me fourber ; et vous croyez que je l’endure ?

SYLVESTRE

Ma foi, monsieur, si Scapin vous fourbe, je m’en lave les mains, et vous assure que je n’y trempe en aucune façon.

ARGANTE

Nous verrons cette affaire, pendard, nous verrons cette affaire, et je ne prétends pas qu’on me fasse passer la plume par le bec.

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