Scène
Acte III, Scène IX
Par Molière
Scapin retrouve Sylvestre après avoir dépouillé les deux pères. Son complice lui apporte deux nouvelles : l’affaire d’Octave est réglée, Hyacinte s’étant trouvée être la fille de Géronte ; et les deux vieillards, Géronte surtout, préparent contre Scapin une vengeance sérieuse.
C’est le point de bascule de l’acte. Jusque-là Scapin gagnait ; désormais il est le seul à risquer quelque chose. Sylvestre le prévient que les fils se raccommoderont avec les pères et qu’il restera seul dans la nasse. Scapin balaie l’avertissement d’une image — des nuées qui passent loin au-dessus des têtes — et cette assurance est exactement ce qui rendra nécessaire la ruse finale.
7 répliques en prose, deux valets, une minute de jeu. Scène de liaison : elle se retient sans effort mais n’offre pas assez de matière pour être présentée seule. Son utilité est de situer la fin de l’acte et d’éclairer le revirement de Scapin dans les dernières scènes.
Chapitre : Acte III
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Hé bien ! Sylvestre, que font nos gens ?
J’ai deux avis à te donner. L’un, que l’affaire d’Octave est accommodée. Notre Hyacinte s’est trouvée la fille du seigneur Géronte ; et le hasard a fait ce que la prudence des pères avoit délibéré.
L’autre avis, c’est que les deux vieillards font contre toi des menaces épouvantables, et surtout le seigneur Géronte.
Cela n’est rien. Les menaces ne m’ont jamais fait mal ; et ce sont des nuées qui passent bien loin sur nos têtes.
Prends garde à toi. Les fils se pourroient bien raccommoder avec les pères, et toi demeurer dans la nasse.
Laisse-moi faire, je trouverai moyen d’apaiser leur courroux, et…
Retire-toi, les voilà qui sortent.