Scène

Acte IV, Scène VIII

Par Jean Racine

Rutile annonce que les tribuns, les consuls et le sénat viennent chercher l’empereur, suivis d’un grand peuple qui attend dans son appartement. Titus y voit un signe des dieux. Paulin le presse d’aller au sénat, Antiochus de courir chez la reine. Il tranche pour le sénat, en chargeant le prince de voir Bérénice.

Fin d’acte à quatre voix, où deux ordres contraires tirent le même homme. La scène vaut par sa vitesse : chaque personnage n’intervient qu’une fois, et l’écart entre « Allons voir le sénat » et « courez chez la reine », posés sur le même vers, doit s’entendre comme une collision. Titus ne choisit pas vraiment, il obéit à ce qui l’appelle le plus fort — et l’espoir qu’il formule en sortant est déjà un mensonge qu’il se fait.

6 répliques en alexandrins, quatre rôles dont deux minuscules. Aucune difficulté de volume ; toute la difficulté est de placement, les répliques se partageant les hémistiches. Bon exercice d’enchaînement en atelier de groupe, ou occasion de faire jouer des rôles secondaires.

Chapitre : Acte IV

RUTILE

Seigneur, tous les tribuns, les consuls, le sénat, Viennent vous demander au nom de tout l’État. Un grand peuple les suit, qui, plein d’impatience, Dans votre appartement attend votre présence.

TITUS

Je vous entends, grands dieux ! vous voulez rassurer Ce cœur que vous voyez tout prêt à s’égarer !

PAULIN

Venez, seigneur, passons dans la chambre prochaine : Allons voir le sénat.

ANTIOCHUS

Allons voir le sénat. Ah ! courez chez la reine.

PAULIN

Quoi ! vous pourriez, seigneur, par cette indignité, De l’empire à vos pieds fouler la majesté ? Rome…

TITUS

Rome… Il suffit, Paulin ; nous allons les entendre. ((à Antiochus.)) Voyez la reine. Allez. J’espère, à mon retour, Qu’elle ne pourra plus douter de mon amour.

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