Scène
Acte I, Scène première
Par Jean Racine
Ouverture de la pièce. Antiochus, roi de Comagène, conduit son confident Arsace dans un cabinet retiré du palais impérial, celui où Titus vient retrouver Bérénice à l’abri de sa cour. Il l’envoie demander à la reine un entretien sans témoins.
Scène d’exposition qui installe un lieu et un rapport de forces. Antiochus se dit importun là où Arsace lui rappelle qu’il fut l’amant de Bérénice et qu’il compte parmi les plus grands rois d’Orient. Tout tient dans cet écart entre le rang et l’effacement : si le comédien joue déjà le désespoir, il ne reste rien pour la suite. Le ton doit rester sec, presque celui d’une consigne donnée à un serviteur.
6 répliques en alexandrins, deux rôles masculins. Peu de texte à retenir, mais les indications de lieu s’enchaînent vite — le cabinet, les deux portes, l’appartement de la reine — et demandent de la précision. Bonne mise en jambes d’atelier ou entrée d’une lecture publique ; seule, la scène offre peu de matière pour une audition.
Chapitre : Acte I
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Arrêtons un moment. La pompe de ces lieux, Je le vois bien, Arsace, est nouvelle à tes yeux. Souvent ce cabinet, superbe et solitaire, Des secrets de Titus est le dépositaire.
C’est ici quelquefois qu’il se cache à sa cour, Lorsqu’il vient à la reine expliquer son amour. De son appartement cette porte est prochaine, Et cette autre conduit dans celui de la reine.
Va chez elle : dis-lui qu’importun à regret J’ose lui demander un entretien secret.
Vous, seigneur, importun ? vous, cet ami fidèle Qu’un soin si généreux intéresse pour elle ? Vous, cet Antiochus, son amant autrefois ? Vous, que l’Orient compte entre ses plus grands rois ? Quoi !
déjà de Titus épouse en espérance, Ce rang entre elle et vous met-il tant de distance ?
Va, dis-je ; et sans vouloir te charger d’autres soins, Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins.