Scène

Acte IV, Scène VII

Par Jean Racine

Antiochus arrive de chez Bérénice : elle réclame le fer et le poison, n’écoute plus ni pleurs ni conseil, et seul le nom de Titus la rappelle à la vie. Il presse l’empereur d’aller se montrer à elle. Titus répond qu’il ne sait quel mot il pourrait lui dire, ni même s’il respire encore.

Quatre répliques, et un rapport de force inversé : c’est le rival qui supplie l’amant d’aller sauver celle qu’il aime. Antiochus parle dans l’urgence et sans calcul ; le moindre soupçon d’intérêt personnel ruinerait la scène. Titus n’a que deux vers, et ils doivent porter l’épuisement d’un homme vidé. Le déséquilibre de parole est ici le sujet même, pas un accident de découpage.

4 répliques en alexandrins, deux rôles masculins, dont trois tirades pour Antiochus. Très peu de texte à retenir, mais un récit dense qu’il faut débiter d’un trait pour que l’urgence tienne. Passage bref, utile comme exercice d’entrée en scène ou comme complément d’un travail sur l’acte IV.

Chapitre : Acte IV

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ANTIOCHUS

Qu’avez-vous fait, seigneur ? l’aimable Bérénice Va peut-être expirer dans les bras de Phénice. Elle n’entend ni pleurs, ni conseil, ni raison ; Elle implore à grands cris le fer et le poison.

ANTIOCHUS

Vous seul vous lui pouvez arracher cette envie : On vous nomme, et ce nom la rappelle à la vie. Ses yeux, toujours tournés vers votre appartement, Semblent vous demander de moment en moment.

ANTIOCHUS

Je n’y puis résister, ce spectacle me tue. Que tardez-vous ? allez vous montrer à sa vue. Sauvez tant de vertus, de grâces, de beauté, Ou renoncez, seigneur, à toute humanité. Dites un mot.

TITUS

Dites un mot. Hélas ! quel mot puis-je lui dire ? Moi-même, en ce moment, sais-je si je respire ?

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