Scène
Acte II, Scène III
Par Jean Racine
Rutile entre pour annoncer que Bérénice demande à parler à l’empereur. Titus, qui vient à peine de se ranger à la raison d’État, se tourne vers Paulin. Celui-ci lui rappelle sa résolution et lui dit que le moment est venu. Titus accepte de la recevoir.
Quatre répliques, et déjà la première fissure : « Ah, Paulin ! » suffit à faire entendre que la décision ne tiendra pas. Tout se joue dans le temps que l’on prend entre l’annonce et le « Qu’elle vienne » — trop vite, le combat intérieur disparaît ; trop lent, la scène s’alourdit. Paulin doit pousser son maître sans jamais paraître le menacer, et Rutile rester un pur messager.
4 répliques en alexandrins, dont deux vers partagés. C’est une scène de liaison au sens strict : elle articule la délibération politique et la confrontation avec Bérénice. Elle sert à situer ce moment de l’acte II ou à faire travailler une entrée de personnage secondaire, mais n’offre pas assez de matière pour un passage isolé.
Chapitre : Acte II
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Bérénice, seigneur, demande à vous parler.
Ah, Paulin !
Ah, Paulin ! Quoi ! déjà vous semblez reculer ! De vos nobles projets, seigneur, qu’il vous souvienne : Voici le temps.
Voici le temps. Eh bien, voyons-la. Qu’elle vienne.