Scène
Acte III, Scène XI
Par Molière
Léandre ramène Lucinde de lui-même plutôt que de l’enlever, et vient la demander dans les formes. Il annonce que son oncle est mort et qu’il hérite de tous ses biens, ce qui lève l’unique objection de Géronte : le père accorde sa fille sur-le-champ.
Dénouement rapide, réglé par l’argent bien plus que par la vertu, et Molière ne s’en cache pas. Reste le dernier échange entre Sganarelle et Martine : elle réclame sa part de mérite, il lui rappelle les coups de bâton, puis lui pardonne en gardant son titre et l’autorité qui va avec.
10 répliques en prose, quatre rôles. Peu de volume, mais la dernière réplique de Sganarelle est une chute qui doit être posée nettement. Scène utile à l’oral de français pour l’étude du dénouement, moins pertinente en audition.
Chapitre : Acte III
Choisis ton rôle pour lancer le mode flashcard :
Monsieur, je tiens faire paroître Léandre à vos yeux, et remettre Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu dessein de prendre la fuite nous deux, et de nous aller marier ensemble ;
mais cette entreprise a fait place à un procédé plus honnête. Je ne prétends point vous voler votre fille, et ce n’est que de votre main que je veux la recevoir.
Ce que je vous dirai, monsieur, c’est que je viens tout à l’heure de recevoir des lettres par où j’apprends que mon oncle est mort, et que je suis héritier de tous ses biens.
Monsieur, votre vertu m’est tout à fait considérable, et je vous donne ma fille avec la plus grande joie du monde.
La médecine l’a échappé belle !
Puisque tu ne seras point pendu, rends-moi grâce d’être médecin, car c’est moi qui t’ai procuré cet honneur.
Oui ! c’est toi qui m’as procuré je ne sais combien de coups de bâton.
L’effet en est trop beau pour en garder du ressentiment.
Soit. (à Martine.)
Je te pardonne ces coups de bâton en faveur de la dignité où tu m’as élevé : mais prépare-toi désormais à vivre dans un grand respect avec un homme de ma conséquence, et songe que la colère d’un médecin est plus à craindre qu’on ne peut croire.