Scène

Acte II, Scène VII

Par Molière

La consultation à peine finie, Sganarelle décide que la nourrice a elle aussi besoin de soins, alors qu’elle se porte le mieux du monde. Géronte s’étonne qu’on saigne une personne qui n’a aucun mal ; Jacqueline refuse net.

Court prolongement de la scène précédente : le faux médecin réemploie son autorité toute neuve pour approcher Jacqueline. L’argument, on se fait saigner pour la maladie à venir comme on boit pour la soif à venir, doit passer comme une évidence professionnelle. Le refus de la nourrice donne la mesure : elle est la seule à ne pas s’y laisser prendre.

7 répliques en prose, trois rôles, dont un seul long développement pour Sganarelle. Scène de liaison, à travailler enchaînée à ce qui l’entoure plutôt que présentée seule. Elle rend service pour un exercice court sur la réplique brève et le sous-entendu.

Chapitre : Acte II

SGANARELLE

Doucement, vous. (à Géronte) Monsieur, voilà une nourrice à laquelle il faut que je fasse quelques petits remèdes..

JACQUELINE

Qui ? moi ? Je me porte le mieux du monde.

SGANARELLE

Tant pis, nourrice ; tant pis. Cette grande santé est à craindre, et il ne sera pas mauvais de vous faire quelque petite saignée amiable, de vous donner quelque petit clystère dulcifiant.

GÉRONTE

Mais, monsieur, voilà une mode que je ne comprends point. Pourquoi s’aller faire saigner quand on n’a point de maladie ?

SGANARELLE

Il n’importe, la mode en est salutaire ; et, comme on boit pour la soif à venir, il faut se faire aussi saigner pour la maladie à venir.

JACQUELINE

Ma fi, je me moque de ça, et je ne veux point faire de mon corps une boutique d’apothicaire.

SGANARELLE

Vous êtes rétive aux remèdes, mais nous saurons vous soumettre à la raison.

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