Scène

Acte III, Scène IX

Par Molière

Martine arrive enfin chez Géronte pour prendre des nouvelles du médecin qu’elle a inventé. Lucas lui apprend qu’il va être pendu. Elle découvre que le condamné est son mari, et se retrouve devant le résultat exact de sa vengeance.

La scène ne fonctionne que si elle est jouée sans attendrissement : Martine s’inquiète surtout du bois qui reste à couper et annonce qu’elle restera jusqu’au bout pour le voir pendre. Le couple ne se réconcilie pas, il continue de régler ses comptes jusque sur l’échafaud, et c’est de là que vient le rire.

11 répliques en prose, trois rôles, toutes très courtes. Peu de texte à retenir ; la difficulté est de tenir le ton, entre fausse plainte et satisfaction. Utile comme scène brève en atelier, ou en complément de la première scène de la pièce.

Chapitre : Acte III

MARTINE

Ah ! mon Dieu ! que j’ai eu de peine à trouver ce logis Dites-moi un peu des nouvelles du médecin que je vous ai donné.

LUCAS

Le v’là qui va être pendu.

MATINE

Quoi ! mon mari pendu ! Hélas ! et qu’a-t-il fait pour cela ?

LUCAS

Il a fait enlever la fille de notre maître.

MARTINE

Hélas ! mon cher mari, est-il bien vrai qu’on te va pendre ?

SGANARELLE

Tu vois. Ah !

MARTINE

Faut-il que tu te laisses mourir en présence de tant de gens ?

SGANARELLE

Que veux-tu que j’y fasse ?

MARTINE

Encore, si tu avois achevé de couper notre bois, je prendrois quelque consolation.

SGANARELLE

Retire-toi de là, tu me fends le cœur.

MARTINE

Non, je veux demeurer pour t’encourager à la mort ; et je ne te quitterai point que je ne t’aie vu pendu.

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