Scène
Acte II, Scène VII
Par Pierre Corneille
Peu après le conseil, Don Alonse entre annoncer au roi que le comte est mort, tué par le fils de Don Diègue, et que Chimène arrive en pleurs pour demander justice à Don Fernand.
Six répliques, deux fonctions : la nouvelle tombe, et le roi montre aussitôt qu’il est partagé. Don Fernand approuve le châtiment du comte et regrette le capitaine dans le même mouvement. Ce balancement prépare tout le reste de la pièce ; le jouer d’un seul bloc revient à supprimer le dilemme royal avant même qu’il ne se pose.
6 répliques en alexandrins, deux comédiens, dont quatre pour Don Fernand. C’est une scène d’articulation plus qu’une scène à présenter seule : elle sert surtout à situer le basculement de l’acte II et à préparer l’audience qui suit immédiatement. Aucune tirade longue, mémorisation rapide.
Chapitre : Acte II
Choisis ton rôle pour lancer le mode flashcard :
C’est assez pour ce soir[3].Sire, le Comte est mort : Don Diègue, par son fils, a vengé son offense.
Dès que j’ai su l’affront, j’ai prévu la vengeance ; Et j’ai voulu dès lors prévenir ce malheur.
Chimène à vos genoux apporte sa douleur ; Elle vient toute en pleurs vous demander justice.
Bien qu’à ses déplaisirs mon âme compatisse, Ce que le comte a fait semble avoir mérité Ce digne châtiment de sa témérité.
Quelque juste pourtant que puisse être sa peine, Je ne puis sans regret perdre un tel capitaine.
Après un long service à mon État rendu, Après son sang pour moi mille fois répandu, À quelques sentiments que son orgueil m’oblige, Sa perte m’affoiblit, et son trépas m’afflige.