Acte V, Scène dernière
Célimène écartée, Alceste se tourne vers Éliante pour lui dire qu’il renonce à prétendre à elle, s’en jugeant indigne. Éliante répond que sa main n’est pas embarrassée et se tourne vers Philinte, qui accepte dans l’instant.
Fin sans réconciliation. Alceste souhaite le bonheur du couple, puis annonce qu’il quitte le monde pour chercher un endroit écarté où l’on ait la liberté d’être honnête homme. La scène se joue mal si on en fait un adieu pathétique : rien n’est réglé, personne n’a convaincu personne, et Philinte part aussitôt le rechercher.
8 répliques en alexandrins, trois rôles, dont Philinte qui n’a que deux courtes interventions. Peu de volume, mais les derniers vers d’Alceste sont parmi les plus cités de la pièce, ce qui rend la moindre approximation visible. Souvent donné à l’oral de français pour l’étude du dénouement.
Et je n’ai vu qu’en vous de la sincérité ; De vous depuis longtemps je fais un cas extrême ;
Mais laissez-moi toujours vous estimer de même, Et souffrez que mon cœur, dans ses troubles divers, Ne se présente point à l’honneur de vos fers ;
Je m’en sens trop indigne, et commence à connaître Que le ciel pour ce nœud ne m’avait point fait naître ; Que ce serait pour vous un hommage trop bas, Que le rebut d’un cœur qui ne vous valait pas ; Et qu’enfin…
Ma main de se donner n’est pas embarrassée ; Et voilà votre ami, sans trop m’inquiéter, Qui, si je l’en priais, la pourrait accepter.
Et j’y sacrifierais et mon sang et ma vie.
L’un pour l’autre à jamais garder ces sentiments ! Trahi de toutes parts, accablé d’injustices, Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre un endroit écarté Où d’être homme d’honneur on ait la liberté.
Pour rompre le dessein que son cœur se propose.