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Banque d’exercices pour un atelier de théâtre

14 août 2026

Voici les 64 exercices qui tournent réellement dans nos ateliers, classés par ce qu’ils travaillent et non par ordre alphabétique. Chacun porte sa durée : c’est ce qui permet de bâtir une séance à l’avance plutôt que d’improviser entre deux exercices, et la séance type de deux heures en fin de page s’en déduit directement.

Rien ici n’est nouveau — le fonds d’un atelier amateur est un folklore qui circule depuis cinquante ans. Les filiations sont indiquées quand elles sont connues. Ce qui est à nous, c’est le minutage et l’ordre.

Corps

À faire en début de séance, dans cet ordre : on réveille, on aligne, on neutralise. Un groupe qui n’a pas été échauffé joue avec les épaules montées et la voix dans la gorge, et on passe la séance à corriger ça.

Réveil articulaire6 min

Tête, épaules, bras, bassin, genoux, chevilles, dans cet ordre, en nommant à voix haute la partie mobilisée. Finir par des frappes du plat de la main sur tout le corps, puis se secouer trente secondes.

Déroulé de colonne4 min

Debout, pieds parallèles largeur de bassin. Descendre vertèbre après vertèbre jusqu’à laisser la tête pendre, respirer trois fois en bas, remonter aussi lentement, tête en dernier. Deux fois.

Enchaîner sur l’ancrage : peser dans le sol, sentir les appuis avant, arrière, extérieur, intérieur des pieds.

Marche neutre5 min

Marcher dans l’espace, direction franche, sans se croiser des yeux, sans sourire. Arrêt au signal, immobilité complète. Repérer les mains qui bougent, les déhanchés, les regards fuyants.

Les sept niveaux de tension10 min

L’échelle vient de la pédagogie de Jacques Lecoq et sert toute l’année : elle donne un vocabulaire commun pour corriger un jeu sans parler d’émotion. Marcher dans l’espace au niveau annoncé.

  1. Exténué, le corps ne tient plus, presque au sol
  2. Décontracté, rien n’a d’importance
  3. Neutre, on va acheter du pain
  4. Curiosité, quelque chose vient d’attirer l’attention
  5. Suspense, il y a un danger, on ne sait pas d’où il vient
  6. Passion, l’émotion déborde
  7. Pétrification, peur totale, corps bloqué

Alterner : 3, 5, 3, 7. Puis chacun traverse seul le plateau dans un niveau que le groupe devine.

Marche à contre-ordre4 min

Le meneur de jeu dit Marche, on s’arrête. Il dit Stop, on marche. Ajouter Clap (un saut) et Prénom (dire son prénom), puis inverser aussi ces deux-là.

21 collectif5 min

Cercle, yeux fermés. Compter ensemble jusqu’à 21, une personne par chiffre, sans se coordonner. Deux voix en même temps, on repart à zéro.

Variante : celui qui parle avance d’un pas au centre.

Voix

Bâillement sonore3 min

Bâiller pour de vrai en laissant sortir le son, ouvrir la mâchoire au maximum. Puis mâcher exagérément, faire vibrer les lèvres, rouler les R.

Résonateurs6 min

Sur un « m » tenu, chercher la vibration successivement dans la poitrine (main dessus pour vérifier), la gorge, le masque, le crâne. Puis dire une phrase de son texte dans chaque résonateur.

La distance7 min

Par deux, face à face à un mètre, une réplique courte. S’éloigner d’un mètre, rejouer. Continuer jusqu’aux deux extrémités de la salle. Porter plus loin sans crier : augmenter le souffle, pas le volume. Revenir à un mètre pour finir.

Virelangues en marche5 min

Virelangues classiques dits en marchant, changement de direction à chaque syllabe accentuée.

Gromelot10 min

Le gromelot est un héritage de la commedia dell’arte, remis en circulation par Lecoq et par Dario Fo. Parler une langue inventée, sans un mot français, sans mimer les mots. Situations : commander au restaurant, réclamer une place de parking, annoncer une mauvaise nouvelle.

Corriger dès que ça vire à l’accent italien parodique : on veut du son et de l’intention. Enchaînement : la même scène en gromelot, puis en français.

Groupe

Ces exercices fabriquent le groupe lui-même. Ils sont indispensables les premières séances, et le restent le jour où trois nouveaux arrivent en cours d’année.

Tour de prénoms avec geste5 min

Chacun dit son prénom avec un geste, le groupe répète prénom et geste à l’identique. Puis accélérer.

La bonne distance8 min

Par deux. A immobile, B avance très lentement. A dit stop quand ça devient inconfortable. Échanger, puis changer de partenaire.

Deuxième tour : B avance avec une intention (te consoler, te demander de l’argent, t’annoncer qu’il part). Comparer les distances.

Passage d’émotions par les mains7 min

Par deux, silence total. Paumes en contact ou à quelques centimètres. A transmet une émotion positive par les mains et le regard, B la reçoit et la renvoie transformée. Rester sur le positif.

Miroir8 min

Par deux. A mène, B suit à l’identique. Inverser. Puis supprimer le meneur : le mouvement se décide à deux, un œil extérieur ne doit pas pouvoir dire qui guide.

Variante : à trois, en triangle.

Hi Ha Ho6 min

Cercle. A lève les bras au-dessus de la tête en criant « Hi ». Ses deux voisins frappent vers son ventre en criant « Ha ». A abaisse les bras vers quelqu’un du cercle en criant « Ho », qui devient le nouveau A. Compter les fautes collectivement plutôt qu’éliminer.

Fruits et balle5 min

Cercle. Une balle circule, celui qui la reçoit dit un fruit et l’envoie à quelqu’un d’autre. Ajouter une deuxième balle avec une autre catégorie. S’arrêter à deux.

Le proverbe collectif6 min

Cercle. Une phrase se construit mot à mot en tournant, le groupe doit sentir où elle se termine. La répéter en entier une fois close.

Deuxième niveau : produire un proverbe qui a l’air ancien, avec une image concrète.

Trois syllabes et définition5 min

Cercle. Quelqu’un lance un mot inventé de trois syllabes, le voisin en donne la définition avec aplomb, sans hésiter. Le groupe valide ou non.

Écoute

Dire oui, places qui bougent10 min

Je fixe quelqu’un et je marche lentement vers sa place. Avant que j’arrive, cette personne doit avoir regardé quelqu’un d’autre et obtenu de lui un « oui » à voix haute : elle peut alors partir prendre sa place. La chaîne ne casse jamais, personne ne reste sans place.

Passage de couleurs8 min

Cercle. Une couleur circule dans un sens avec un geste. En ajouter une deuxième dans l’autre sens, puis une troisième qui traverse le cercle.

Les circuits12 min

Cercle. Trois couches installées une par une.

Regard : je désigne quelqu’un du doigt, il baisse la main quand il a été désigné, on fixe un ordre qui doit tourner sans erreur. Associer une intention ou une image à la personne désignée pour la retenir.

Parole : autre ordre, en donnant le nom d’une boisson à la personne suivante.

Corps : autre ordre, on va physiquement prendre la place de la personne à qui on donne.

Puis faire tourner les trois en même temps.

Le chœur sans chef10 min

Groupe de 5 à 10 en bloc serré, aucun meneur désigné. Démarrer, s’arrêter, changer de direction ensemble. Ajouter un son commun, puis une respiration commune.

Variante : le bloc se disperse et se reforme sans signal.

Équilibrer le plateau8 min

Tout le monde marche, l’espace reste occupé de façon homogène, aucun trou, aucun agglutinement. Arrêt au signal, on regarde la photo. Puis retirer des joueurs un par un, les autres réoccupent.

Le tunnel logique12 min

Par trois. Un joueur développe un raisonnement enchaîné à voix haute : quand il pleut il faut se raser la barbe, et si on se rase la barbe c’est que la quiche est prête, et si la quiche est prête il faut sonner les cloches. Les deux autres écoutent en soutien et relancent.

Deuxième niveau : chaque maillon est justifié par une explication qui tient debout dans la logique du personnage.

Téléphone sans fil en mime10 min

File, dos tournés. Une action mimée précise passe de l’un à l’autre. Comparer le premier et le dernier. Débriefer sur ce qui a été inventé au lieu d’être reproduit.

Espace

Entrées et sorties15 min

Un par un. Entrer sur le plateau, s’arrêter, regarder le public trois secondes, sortir. Le groupe repère où le personnage commence et où il s’arrête.

Puis donner une circonstance avant l’entrée : je viens de recevoir un appel, je n’ai pas dormi, j’arrive en avance sur un rendez-vous important. Ne rien jouer de plus, entrer.

La salle d’attente20 min

Un espace, des chaises. Le premier entre et attend. Les suivants entrent un par un, à intervalles. Question posée à chacun avant d’entrer : qu’est-ce que ça me fait, ce qu’il y a déjà là ? Peu ou pas de parole. Laisser durer.

La déambulation de musée15 min

Se déplacer dans l’espace comme dans une exposition. Consignes progressives : regarder un tableau imaginaire, laisser le regard décider du déplacement, s’arrêter quand quelque chose retient, tenir l’arrêt plus longtemps que confortable.

Puis désigner discrètement deux personnes qui deviennent les œuvres.

Le carré magique20 min

Quatre comédiens aux quatre coins d’un carré, face public. Celui qui est devant à gauche mène, les trois autres reproduisent exactement ses gestes et déplacements. Quand le groupe pivote d’un quart de tour, celui qui se retrouve devant à gauche prend le relais. Le pivot part du meneur en place, sans signal verbal. Gestuelle simple et répétitive, sur musique.

La traversée10 min

Un par un. Traverser le plateau en ligne droite avec une intention intérieure non annoncée, le groupe devine. Contraindre ensuite : sans expression du visage, puis sans changer de rythme.

Intensité et émotion

Intensité sur action concrète12 min

Une action simple (attendre le bus, éplucher des légumes, chercher ses clés) rejouée aux niveaux de tension annoncés.

Variante : la même scène en retard de deux minutes, puis de vingt.

Briser la monotonie15 min

Par deux. A reçoit un papier plié qu’il n’ouvre qu’au signal et lit la phrase telle quelle, platement. B l’accueille comme une nouvelle bouleversante, dans l’émotion de son choix.

Puis inverser : A annonce quelque chose d’énorme sur le ton de la météo, B ne réagit pas. Les phrases à distribuer sont en annexe.

Les neuf attitudes12 min

Par deux, une réplique unique (« tu es là »). La faire passer par la joie, la colère, la peur, la tendresse, le mépris, la surprise, la lassitude, la gêne, l’indifférence, sans changer un mot.

Puis retirer l’étiquette : le comédien choisit en secret, le partenaire répond à ce qu’il reçoit.

Le sous-texte contraire15 min

Par deux. Un dialogue anodin (commander un café, demander l’heure). Chacun reçoit en secret une intention qui contredit les mots : je te déteste, je suis amoureux, je te mens, j’ai peur de toi.

Trois chaises, sans parole15 min

Trois chaises côte à côte face public, trois comédiens, aucune parole. La situation naît des déplacements, des regards, des changements de place.

Variante : chacun a un objectif secret vis-à-vis d’un des deux autres.

Reste / je pars20 min

Par deux. Deux répliques et deux seulement, une par comédien : « reste » et « je pars ». Rien d’autre. La scène tient cinq minutes et raconte quelque chose.

La traversée empêchée15 min

Par deux. A doit traverser le plateau. B est assis, ne peut pas quitter sa chaise, et l’en empêche uniquement par la parole en inventant des éléments : ce que A trouvera de l’autre côté, ce qu’il laisse derrière, ce qui s’est passé hier. A n’a pas le droit d’ignorer ce que B pose, il l’intègre et continue, ou renonce.

Texte

Ces exercices supposent que chacun ait un texte en bouche, même approximativement su. Si le groupe n’a pas encore de scène distribuée, les sélections du catalogue sont classées par contrainte d’atelier — nombre de comédiens, durée, registre — et le texte intégral s’y lit sans compte, donc se photocopie le soir même.

Le texte en marchant10 min

Dire son texte en marchant, changer de direction à chaque ponctuation. Point : arrêt franc puis nouvelle direction. Virgule : déviation légère. Une scène courte de six à huit répliques suffit largement.

Le texte contre l’action15 min

Dire son texte en faisant une action physique exigeante : plier du linge, monter un meuble, ranger des chaises. L’action est prioritaire, le texte passe en second. C’est l’exercice qui révèle le texte mal su — celui qu’on ne peut dire qu’immobile n’est pas su.

Gromelot puis français15 min

La scène entière en langue inventée, mêmes intentions et même rythme. Puis immédiatement avec le vrai texte. Marche particulièrement bien sur un duo bien tendu, où l’enjeu est lisible sans les mots.

Chuchoter, hurler, normal10 min

Trois passages de la même réplique, dans cet ordre. Le troisième est le seul qui compte : c’est celui où le comédien s’entend enfin.

À qui je parle12 min

Dire son texte en désignant du regard, à chaque phrase, à qui elle s’adresse vraiment : le partenaire, soi-même, un absent, le public, personne. Une tirade s’y prête mieux qu’un dialogue — les tirades de femme et les monologues d’homme du catalogue sont déjà triés par longueur.

Le doublage15 min

Par quatre. Deux comédiens jouent la scène en silence, avec toute leur physicalité. Deux autres, à l’écart, disent leurs textes. Il faut donc une scène à deux personnages et quatre comédiens, ce qui en fait un bon exercice pour occuper un groupe nombreux sur un texte unique.

Version comique : décalage assumé. Version atelier : chercher la synchronisation exacte.

Marionnettes12 min

Un comédien est manipulé physiquement par un ou deux autres, il ne décide d’aucun de ses mouvements mais fournit la voix et l’intention.

Le répondeur15 min

Le groupe écoute le message d’accueil du répondeur d’un personnage joué par l’un d’eux. Chacun laisse ensuite un message à ce personnage, à la suite, en tenant compte des précédents.

Personnage et statut

L’échelle de statut20 min

Le travail de statut vient de Keith Johnstone et c’est probablement l’outil le plus rentable de cette liste. Chacun tire une carte de 1 à 10 et joue une scène banale (salle d’attente, couloir de bureau) en tenant son statut. Le groupe devine les chiffres.

Puis : une scène où deux statuts s’inversent, le moment de bascule doit être visible.

Pour enchaîner sur du texte écrit, la scène de référence est Scapin et Géronte — le valet y prend le statut haut réplique après réplique. Côté tragédie, Burrhus face à Agrippine fait le même travail sans un mot plus haut que l’autre.

La partie du corps qui mène12 min

Marcher en laissant une partie du corps précéder les autres : front, sternum, bassin, menton, genou. Garder la démarche et ajouter la parole.

L’animal20 min

Choisir un animal, le chercher physiquement au sol pendant cinq minutes, puis se redresser progressivement jusqu’à l’humain en gardant 10 % de l’animal.

Le costume mental10 min

Trois choix avant d’entrer : l’âge, ce que le personnage veut là maintenant, ce dont il a honte. Rien d’autre.

Scène

Où, qui, quoi15 min

Établir en trois répliques maximum le lieu, la relation et ce qui se passe. La scène commence ensuite. La relation d’abord, toujours.

Oui et10 min

Par deux. Accepter la proposition et ajouter. Puis rejouer en « oui mais », puis en « non ». Le troisième tour sert à montrer ce que le refus fait à une scène, pas à le condamner : au théâtre écrit, les personnages refusent tout le temps.

L’objectif contrarié20 min

Par deux. Chacun reçoit un objectif concret incompatible avec celui de l’autre : je veux que tu partes, je veux dormir ici ce soir. On ne dit jamais son objectif. La scène s’arrête quand l’un obtient ce qu’il veut ou renonce explicitement.

La version écrite de cet exercice existe : Pyrrhus et Andromaque tiennent quarante et une répliques sur exactement ce mécanisme.

Split screen25 min

Quatre comédiens, deux scènes en parallèle sur chaque moitié de plateau, figées alternativement. La transition se fait quand une scène reprend la dernière réplique de l’autre et se l’approprie.

  • réunion parents-profs / parloir de prison
  • entretien d’embauche avec piston et candidat nul / sans piston et candidat brillant
  • un premier rendez-vous / deux ex qui se revoient après quinze ans
  • essayage de robe de mariée / consultation médicale

Le même dialogue, deux situations20 min

Un dialogue neutre écrit au tableau, quatre à six répliques (« Tu es là. — Oui. — Tu as vu ? — Non. »). Chaque binôme le joue dans une situation différente, sans changer un mot. Rejouer le tout à la suite.

Le tableau vivant15 min

Le meneur de jeu annonce un titre (la dispute, le départ, la fête qui se termine). Le groupe compose une image fixe en dix secondes. Corriger la composition, puis donner trois secondes de vie à l’image.

Formats de jeu

À placer en fin de séance, quand le groupe est chaud et que la concentration baisse. Ce sont des cadres, pas des exercices : ils tiennent seuls vingt minutes.

Le livre15 min

Un comédien ne peut prononcer que des phrases lues dans un livre qu’il tient. L’autre joue normalement et justifie tout.

Budget dégressif20 min

La même scène rejouée avec de moins en moins de moyens : tout, puis sans décor, puis sans accessoires, puis sans parole, puis à un seul comédien. Chaque version reste lisible.

Le goaleur20 min

Un comédien reste en dehors et garde la scène : il peut à tout moment arrêter le jeu, faire rejouer une réplique autrement, remplacer un joueur, relancer plus tôt. Les joueurs obéissent immédiatement. Faire tourner le rôle.

Le service après-vente15 min

Une personne sort. Le groupe décide d’un produit et de la nature du défaut. Elle revient et joue le conseiller sans savoir de quoi il s’agit, renseignée par les seules réactions du groupe.

La plateforme20 min

Une situation d’attente collective : un quai, une file, une salle d’embarquement. Chacun entre avec un personnage et un problème, la scène se construit par accumulation, personne ne mène.

Clôture

Dix minutes qui évitent qu’on se quitte sur le parking en reparlant de la scène. La clôture est aussi ce qui fait revenir la semaine suivante.

Les trois mots5 min

Chacun dit trois mots sur ce qu’il emporte de la séance. Pas de phrase.

Déposer le personnage3 min

Secouer le corps, se frotter le visage, dire son propre prénom à voix haute.

L’applaudissement collectif2 min

Un applaudissement qui part lentement, s’accélère, et se termine sur un temps commun.

Séance type de 2 h

Le découpage qui tient le mieux sur une saison. Un seul objectif technique par séance : c’est ce qui distingue un atelier d’une suite de jeux.

TempsBloc
0 – 15Corps et voix
15 – 30Groupe et écoute
30 – 50Un exercice technique : espace, intensité, texte ou personnage
50 – 1 h 40Travail de scène ou improvisations longues
1 h 40 – 1 h 55Un format de jeu
1 h 55 – 2 hClôture

Reste à remplir le créneau de 50 minutes

C’est la seule ligne du tableau que les exercices ne couvrent pas : il faut un texte, distribué, que chacun ait su pour la semaine suivante. Côté-Cour sert à ça — on ouvre une classe, on y dépose les scènes, on attribue un personnage à chaque élève et on voit qui a travaillé. Les scènes du domaine public restent gratuites pour eux, avec ou sans compte.

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Annexes

Contextes et relations

À distribuer pour les improvisations à deux. Chaque ligne pose une relation et un déséquilibre, ce qui suffit à démarrer.

  • Deux astronautes en mission longue
  • Deux collègues, l’un vient d’apprendre que l’autre va être licencié
  • Deux amis d’enfance qui se retrouvent pour leur rituel du samedi
  • Deux cambrioleurs pendant le casse
  • Deux voisins qui se croisent depuis douze ans sans se parler
  • Colocataires, l’un veut partir
  • Une fratrie sur un quai de gare, avant ou après un enterrement
  • Un influenceur et son agent avant un tournage
  • Un couple qui reçoit et se dispute entre deux services
  • Grand-parent et petit-enfant, l’un cache quelque chose
  • Un couple à un match, l’un des deux n’a rien demandé
  • Une reine et son conseiller de guerre, la nuit avant la bataille
  • Un patient et un médecin qui se connaissent socialement
  • Deux personnes coincées dans un ascenseur, dont l’une a rendez-vous
  • Un vendeur et un client qui n’a pas les moyens

Plusieurs de ces situations existent déjà écrites, et c’est la meilleure transition vers le texte : on improvise la relation, puis on lit comment un auteur l’a résolue. Le souverain et son conseiller la veille d’une décision, c’est Titus et Paulin ; celui qui veut faire partir l’autre, c’est Pyrrhus et Andromaque. Le reste se trouve dans les sélections par tragédie classique et par comédie, ou dans le guide comment choisir une scène pour un cours de théâtre. Tous ces textes sont libres de droits et se photocopient sans démarche.

Phrases pour « briser la monotonie »

À écrire sur des papiers pliés, un par binôme. Elles sont volontairement plates : c’est l’accueil qui doit tout faire.

  • Je vais partir
  • Il va pleuvoir
  • C’est une belle journée
  • J’ai pas tout compris
  • Tout ça m’inquiète
  • Il reste du café
  • J’ai vu ta mère
  • Tu as changé de coiffure
  • La porte était ouverte

Questions fréquentes

Combien d’exercices faut-il prévoir pour une séance de deux heures ?
Cinq à sept, pas davantage : deux ou trois d’échauffement, un exercice technique, un long temps de travail de scène, un format de jeu et une clôture. Enchaîner dix exercices courts donne une séance agréable mais sans progression — le groupe s’amuse et ne retient rien. La règle qui fonctionne est un seul objectif technique par séance, annoncé ou non au groupe.
Comment échauffer un groupe en quinze minutes ?
Trois exercices suffisent : un réveil articulaire de six minutes en nommant les parties du corps, un déroulé de colonne avec un temps d’ancrage, puis une marche neutre dans l’espace qui bascule sur les sept niveaux de tension. Le corps et la voix sont prêts, et le dernier exercice sert déjà de vocabulaire de jeu pour la suite de la séance.
Quels exercices pour un groupe qui n’ose pas ?
Ceux où l’on ne joue pas seul face au groupe : le miroir à deux, le chœur sans chef, le passage de couleurs, les circuits en cercle. Ils demandent une écoute totale sans exposer personne. Le passage au jeu individuel se fait ensuite par la traversée de plateau, où l’on est seul mais sans avoir à parler, puis par les entrées et sorties.
Faut-il faire apprendre le texte avant ou pendant les exercices ?
Pendant. Un texte appris chez soi puis récité arrive figé en salle, avec des intonations déjà fixées qu’il faut ensuite défaire. Les exercices du bloc Texte — le dire en marchant, contre une action physique, en gromelot — servent précisément à mémoriser en même temps qu’on cherche, et ils révèlent immédiatement le texte mal su : celui qu’on ne peut dire qu’immobile n’est pas su.
Ces exercices conviennent-ils à des adolescents ?
La quasi-totalité, oui, avec deux réserves. Les exercices de contact (passage d’émotions par les mains, la bonne distance) demandent d’être introduits progressivement et de rester facultatifs. Les exercices d’intensité émotionnelle — le sous-texte contraire, briser la monotonie — fonctionnent bien mais gagnent à porter sur des situations concrètes plutôt qu’intimes.

Tu fais répéter un groupe ?

Crée ta classe, distribue à chaque élève son texte et son personnage, et suis son avancée. Les scènes du domaine public restent gratuites pour eux, avec ou sans compte.

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