Scène
Acte V, Scène I
Par Molière
La nuit, devant la maison. Arnolphe a fait bastonner Horace par ses valets et croit le jeune homme mort. Alain se défend d’avoir mal agi : il n’a fait qu’obéir. Arnolphe le renvoie à l’intérieur et reste seul à mesurer les conséquences.
La scène fait basculer la comédie vers l’inquiétude sans la faire sortir du comique. Arnolphe distingue gravement l’ordre de battre et celui d’assommer, puis calcule déjà ce qu’il dira au père du garçon. Jouer la peur au premier degré transforme le passage en drame ; ce qui doit rester audible, c’est un homme qui panique en raisonnant.
5 répliques en alexandrins, dont quatre pour Arnolphe, pour deux comédiens. Ouverture d’acte brève. Le monologue final (« Hélas ! que deviendrai-je ? ») s’isole bien pour un exercice court, et la scène entière tient en quelques minutes de travail.
Chapitre : Acte V
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Traîtres ! qu’avez-vous fait par cette violence ?
Nous vous avons rendu, monsieur, obéissance.
De cette excuse en vain vous voulez vous armer : L’ordre était de le battre, et non de l’assommer ; Et c’était sur le dos, et non pas sur la tête, Que j’avais commandé qu’on fît choir la tempête. Ciel !
dans quel accident me jette ici le sort ! Et que puis-je résoudre à voir cet homme mort ? Rentrez dans la maison, et gardez de rien dire De cet ordre innocent que j’ai pu vous prescrire.
Le jour s’en va paraître, et je vais consulter Comment dans ce malheur je me dois comporter. Hélas ! que deviendrai-je ? et que dira le père, Lorsque inopinément il saura cette affaire ?