Scène
Acte I, Scène IV
Par Molière
Agnès paraît pour la première fois, son ouvrage à la main. Arnolphe, de retour de voyage, l’interroge sur sa santé et son humeur, puis la renvoie en haut en lui promettant un entretien sur des affaires importantes — le mariage qu’il prépare sans le lui dire.
Tout tient dans l’écart entre ce qu’Arnolphe croit entendre et ce qu’Agnès dit réellement : les puces qui l’ont empêchée de dormir, les cornettes qu’elle coud. Elle ne fait pas la sotte, elle répond exactement à la question posée. Appuyer la niaiserie détruit l’effet ; c’est la littéralité qui produit le rire et qui rend la suite de la pièce possible.
9 répliques en alexandrins, brèves et souvent partagées entre les deux voix, pour deux comédiens. Passage court, très employé en cours et en atelier pour aborder le personnage d’Agnès. Rapide à mémoriser, difficile à doser : le travail porte entièrement sur le ton.
Chapitre : Acte I
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La besogne à la main ? c’est un bon témoignage. Hé bien ! Agnès, je suis de retour du voyage : En êtes-vous bien aise ?
En êtes-vous bien aise ?Oui, monsieur, Dieu merci.
Et moi, de vous revoir je suis bien aise aussi. Vous vous êtes toujours, comme on voit, bien portée ?
Hors les puces, qui m’ont la nuit inquiétée.
Ah ! vous aurez dans peu quelqu’un pour les chasser.
Vous me ferez plaisir.
Vous me ferez plaisir.Je le puis bien penser. Que faites-vous donc là ?
Que faites-vous donc là ?Je me fais des cornettes. Vos chemises de nuit et vos coiffes sont faites.
Ha ! voilà qui va bien. Allez, montez là-haut : Ne vous ennuyez point, je reviendrai tantôt, Et je vous parlerai d’affaires importantes.