Scène

Acte I, Scène II

Par Jean Racine

Hippolyte vient d’annoncer à son gouverneur qu’il quitte Trézène. Œnone, la nourrice de Phèdre, entre à ce moment : la reine se meurt d’un mal qu’elle refuse de nommer, elle a voulu revoir le jour et exige pourtant qu’on écarte tout le monde. Phèdre approche.

Trois répliques, une seule fonction : annoncer l’entrée de Phèdre et la charger d’avance. Œnone parle en garde-malade épuisée, qui veille jour et nuit sans rien obtenir. Hippolyte s’efface aussitôt, et son dernier vers — ne pas lui montrer « un visage odieux » — installe en deux mots l’hostilité qui les sépare. Il ne faut pas le jeter.

3 répliques en alexandrins, deux comédiens. C’est une scène de liaison de quelques vers : elle sert à situer l’ouverture de l’acte I et à préparer la première apparition de Phèdre, pas à être présentée seule. Elle se retient en une lecture.

Chapitre : Acte I

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ŒNONE

Hélas ! seigneur, quel trouble au mien peut être égal ? La reine touche presque à son terme fatal. En vain à l’observer jour et nuit je m’attache ; Elle meurt dans mes bras d’un mal qu’elle me cache.

ŒNONE

Un désordre éternel règne dans son esprit ; Son chagrin inquiet l’arrache de son lit : Elle veut voir le jour : et sa douleur profonde M’ordonne toutefois d’écarter tout le monde… Elle vient.

HIPPOLYTE

Elle vient. Il suffit : je la laisse en ces lieux, Et ne lui montre point un visage odieux.

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