Scène

Acte I, scène 1 (Une rue)

Par Alfred de Musset

Cœlio aime Marianne, mariée au juge Claudio, plus âgé et jaloux. Trop timide pour se déclarer, il charge son cousin Octave — noceur, éloquent, son exact contraire — de plaider sa cause. La scène installe les deux amis, la ville, et le premier refus de Marianne.

Musset y oppose deux façons d'aimer : Cœlio ne sait que souffrir, Octave ne sait que parler. C'est cette dissymétrie qui fera la tragédie de la pièce. L'écriture est en prose, avec des répliques très inégales — quelques mots ici, une tirade là — et le rythme de la scène dépend entièrement de cette irrégularité.

101 répliques en prose, six personnages, mais l'essentiel repose sur Octave et Cœlio. Long à monter, plus facile à retenir que du vers : la prose de Musset est proche du parlé. Utile pour un atelier qui cherche une scène d'exposition à distribution large plutôt qu'un duo.

Chapitre : Acte I

OCTAVE

(Une rue. Octave et Ciuta entrent.) Il y renonce, dites-vous ?

CIUTA

Hélas ! pauvre jeune homme ! il aime plus que jamais, et sa mélancolie se trompe elle-même sur les désirs qui la nourrissent. Je croirais presque qu'il se défie de vous, de moi, de tout ce qui l'entoure.

OCTAVE

Non, de par le ciel ! je n'y renoncerai pas ; je me sens moi-même une autre Marianne, et il y a du plaisir à être entêté. Ou Cœlio réussira, ou j'y perdrai ma langue.

CIUTA

Agirez-vous contre sa volonté ?

OCTAVE

Oui, pour agir d'après la mienne, qui est sa sœur aînée, et pour envoyer aux enfers messer Claudio le juge, que je déteste, méprise et abhorre depuis les pieds jusqu'à la tête.

CIUTA

Je lui porterai donc votre réponse, et, quant à moi, je cesse de m'en mêler.

OCTAVE

Je suis comme un homme qui tient la banque d'un pharaon pour le compte d'un autre, et qui a la veine contre lui ; il noierait plutôt son meilleur ami que de céder, et la colère de perdre avec l'argent d'autrui l'enflamme cent fois plus que ne le ferait sa propre ruine.

OCTAVE

(Entre Cœlio.) Comment, Cœlio, tu abandonnes la partie ?

CŒLIO

Que veux-tu que je fasse ?

OCTAVE

Te défies-tu de moi ? Qu'as-tu ? te voilà pâle comme la neige. — Que se passe-t-il en toi ?

CŒLIO

Pardonne-moi, pardonne-moi ! Fais ce que tu voudras ; va trouver Marianne. — Dis-lui que me tromper, c'est me donner la mort, et que ma vie est dans ses yeux. (Il sort.)

OCTAVE

Par le ciel, voilà qui est étrange !

CIUTA

(Silence ! vêpres sonnent ; la grille du jardin vient de s'ouvrir ; Marianne sort. — Elle approche lentement. Ciuta se retire. — Entre Marianne.)

OCTAVE

Belle Marianne, vous dormirez tranquillement. — Le cœur de Cœlio est à une autre, et ce n'est plus sous vos fenêtres qu'il donnera ses sérénades.

MARIANNE

Quel dommage et quel grand malheur de n'avoir pu partager un amour comme celui-là ! Voyez comme le hasard me contrarie ! Moi qui allais l'aimer.

OCTAVE

En vérité !

MARIANNE

Oui, sur mon âme, ce soir ou demain matin, dimanche au plus tard, je lui appartenais. Qui pourrait ne pas réussir avec un ambassadeur tel que vous ? Il faut croire que sa passion pour moi était quelque chose comme du chinois ou de l'arabe, puisqu'il lui fallait un interprète, et qu'elle ne pouvait s'expliquer toute seule.

OCTAVE

Raillez, raillez ! nous ne vous craignons plus.

MARIANNE

Ou peut-être que cet amour n'était encore qu'un pauvre enfant à la mamelle, et vous, comme une sage nourrice, en le menant à la lisière, vous l'aurez laissé tomber la tête la première en le promenant par la ville.

OCTAVE

La sage nourrice s'est contentée de lui faire boire d'un certain lait que la vôtre vous a versé sans doute, et généreusement ; vous en avez encore sur les lèvres une goutte qui se mêle à toutes vos paroles.

MARIANNE

Comment s'appelle ce lait merveilleux ?

OCTAVE

L'indifférence. Vous ne pouvez aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum.

MARIANNE

Bien dit. Aviez-vous préparé d'avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le-moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche.

OCTAVE

Qu'y trouvez-vous qui puisse vous blesser ? Une fleur sans parfum n'en est pas moins belle ; bien au contraire, ce sont les plus belles que Dieu a faites ainsi ; et le jour où, comme une Galatée d'une nouvelle espèce, vous deviendrez de marbre au fond de quelque église, ce sera une charmante statue que vous ferez, et qui ne laissera pas que de trouver quelque niche respectable dans un confessionnal.

MARIANNE

Mon cher cousin, est-ce que vous ne plaignez pas le sort des femmes ? Voyez un peu ce qui m'arrive : il est décrété par le sort que Cœlio m'aime, ou qu'il croit m'aimer, lequel Cœlio le dit à ses amis, lesquels amis décrètent à leur tour que, sous peine de mort, je serai sa maîtresse.

MARIANNE

La jeunesse napolitaine daigne m'envoyer en votre personne un digne représentant, chargé de me faire savoir que j'aie à aimer ledit seigneur Cœlio d'ici à une huitaine de jours. Pesez cela, je vous en prie. Si je me rends, que dira-t-on de moi ? N'est-ce pas une femme bien abjecte que celle qui obéit à point nommé, à l'heure convenue, à une pareille proposition ?

MARIANNE

Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer au doigt, et faire de son nom le refrain d'une chanson à boire ? Si elle refuse, au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable ? Est-il une statue plus froide qu'elle ? et l'homme qui lui parle, qui ose l'arrêter en place publique son livre de messe à la main, n'a-t-il pas le droit de lui dire : vous êtes une rose du Bengale sans épines et sans parfum ?

OCTAVE

Cousine, cousine, ne vous fâchez pas.

MARIANNE

N'est-ce pas une chose bien ridicule que l'honnêteté et la foi jurée ? que l'éducation d'une fille, la fierté d'un cœur qui s'est figuré qu'il vaut quelque chose, et qu'avant de jeter au vent la poussière de sa fleur chérie, il faut que le calice en soit baigné de larmes, épanoui par quelques rayons du soleil, entr'ouvert par une main délicate ? Tout cela n'est-il pas un rêve, une bulle de savon qui, au premier soupir d'un cavalier à la mode, doit s'évaporer dans les airs ?

OCTAVE

Vous vous méprenez sur mon compte et sur celui de Cœlio.

MARIANNE

Qu'est-ce après tout qu'une femme ? L'occupation d'un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu'on porte à ses lèvres et qu'on jette par-dessus son épaule. Une femme ! c'est une partie de plaisir !

MARIANNE

Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : Voilà une belle nuit qui passe ? Et ne serait-ce pas un grand écolier en de telles matières, que celui qui baisserait les yeux devant elle, qui se dirait tout bas : « Voilà peut-être le bonheur d'une vie entière, » et qui la laisserait passer ? (Elle sort.)

OCTAVE

(Seul.) Tra, tra, poum, poum ! tra deri la la ! Quelle drôle de petite femme ! Hai ! Holà ! (Il frappe à une auberge.) Apportez-moi ici, sous cette tonnelle, une bouteille de quelque chose.

LE GARÇON

Ce qui vous plaira, Excellence. Voulez-vous du Lacryma-christi ?

OCTAVE

Soit, soit. Allez-vous-en un peu chercher dans les rues d'alentour le seigneur Cœlio, qui porte un manteau noir et des culottes plus noires encore. Vous lui direz qu'un de ses amis est là qui boit tout seul du Lacryma-christi. Après quoi, vous irez à la grande place, et vous m'apporterez une certaine Rosalinde qui est rousse et qui est toujours à sa fenêtre. (Le garçon sort.)

OCTAVE

Je me sais ce que j'ai dans la gorge ; je suis triste comme une procession. (Buvant.) Je ferais aussi bien de dîner ici ; voilà le jour qui baisse. Drig ! drig ! quel ennui que ces vêpres ! Est-ce que j'ai envie de dormir ? je me sens tout pétrifié. (Entrent Claudio et Tibia.)

OCTAVE

Cousin Claudio, vous êtes un beau juge ; où allez-vous si couramment ?

CLAUDIO

Qu'entendez-vous par là, seigneur Octave ?

OCTAVE

J'entends que vous êtes un magistrat qui a de belles formes.

CLAUDIO

De langage, ou de complexion ?

OCTAVE

De langage, de langage. Votre perruque est pleine d'éloquence, et vos jambes sont deux charmantes parenthèses.

CLAUDIO

Soit dit en passant, seigneur Octave, le marteau de ma porte m'a tout l'air de vous avoir brûlé les doigts.

OCTAVE

En quelle façon, juge plein de science ?

CLAUDIO

En y voulant frapper, cousin plein de finesse.

OCTAVE

Ajoute hardiment plein de respect, juge, pour le marteau de ta porte ; mais tu peux le faire peindre à neuf, sans que je craigne de m'y salir les doigts.

CLAUDIO

En quelle façon, cousin plein de facéties ?

OCTAVE

En n'y frappant jamais, juge plein de causticité.

CLAUDIO

Cela vous est pourtant arrivé, puisque ma femme a enjoint à ses gens de vous fermer la porte au nez à la première occasion.

OCTAVE

Tes lunettes sont myopes, juge plein de grâce ; tu te trompes d'adresse dans ton compliment.

CLAUDIO

Mes lunettes sont excellentes, cousin plein de riposte : n'as-tu pas fait à ma femme une déclaration amoureuse ?

OCTAVE

À quelle occasion, subtil magistrat ?

CLAUDIO

À l'occasion de ton ami Cœlio, cousin ; malheureusement j'ai tout entendu.

OCTAVE

Par quelle oreille, sénateur incorruptible ?

CLAUDIO

Par celle de ma femme, qui m'a tout raconté, godelureau chéri.

OCTAVE

Tout absolument, époux idolâtré ? Rien n'est resté dans cette charmante oreille ?

CLAUDIO

Il y est resté sa réponse, charmant pilier de cabaret, que je suis chargé de te faire.

OCTAVE

Je ne suis pas chargé de l'entendre, cher procès-verbal.

CLAUDIO

Ce sera donc ma porte en personne qui te la fera, aimable croupier de roulette, si tu t'avises de la consulter.

OCTAVE

C'est ce dont je ne me soucie guère, chère sentence de mort ; je vivrai heureux sans cela.

CLAUDIO

Puisses-tu le faire en repos, cher cornet de passe-dix ; je te souhaite mille prospérités.

OCTAVE

Rassure-toi sur ce sujet, cher verrou de prison ! je dors tranquille comme une audience. (Sortent Claudio et Tibia.)

OCTAVE

(Seul.) Il me semble que voilà Cœlio qui s'avance de ce côté. Cœlio ! Cœlio ! À qui diable en a-t-il ? (Entre Cœlio.) Sais-tu, mon cher ami, le beau tour que nous joue ta princesse ? Elle a tout dit à son mari.

CŒLIO

Comment le sais-tu ?

OCTAVE

Par la meilleure de toutes les voies possibles. Je quitte à l'instant Claudio. Marianne nous fera fermer la porte au nez, si nous nous avisons de l'importuner davantage.

CŒLIO

Tu l'as vue tout à l'heure ; que t'avait-elle dit ?

OCTAVE

Rien qui pût me faire pressentir cette douce nouvelle ; rien d'agréable cependant. Tiens, Cœlio, renonce à cette femme. Holà ! un second verre !

CŒLIO

Pour qui ?

OCTAVE

Pour toi. Marianne est une bégueule ; je ne sais trop ce qu'elle m'a dit ce matin, je suis resté comme une brute sans pouvoir lui répondre. Allons ! n'y pense plus, voilà qui est convenu ; et que le ciel m'écrase si je lui adresse jamais la parole ! Du courage, Cœlio, n'y pense plus.

CŒLIO

Adieu, mon cher ami.

OCTAVE

Où vas-tu ?

CŒLIO

J'ai affaire en ville ce soir.

OCTAVE

Tu as l'air d'aller te noyer. Voyons, Cœlio, à quoi penses-tu ? Il y a d'autres Marianne sous le ciel. Soupons ensemble, et moquons-nous de cette Marianne-là.

CŒLIO

Adieu, adieu, je ne puis m'arrêter plus longtemps. Je te verrai demain, mon ami. (Il sort.)

OCTAVE

Cœlio ! Écoute donc ! nous te trouverons une Marianne bien gentille, douce comme un agneau, et n'allant point à vêpres surtout ! Ah ! les maudites cloches ! quand auront-elles fini de me mener en terre !

LE GARÇON

(Rentrant.) Monsieur, la demoiselle rousse n'est point à sa fenêtre ; elle ne peut se rendre à votre invitation.

OCTAVE

La peste soit de tout l'univers ! Est-il donc décidé que je souperai seul aujourd'hui ? La nuit arrive en poste ; que diable vais-je devenir ? Bon ! bon ! ceci me convient. (Il boit.) Je suis capable d'ensevelir ma tristesse dans ce vin, ou du moins ce vin dans ma tristesse. Ah ! ah ! les vêpres sont finies ; voici Marianne qui revient. (Entre Marianne.)

MARIANNE

Encore ici, seigneur Octave ? et déjà à table ? C'est un peu triste de s'enivrer tout seul.

OCTAVE

Le monde entier m'abandonne ; je tâche d'y voir double, afin de me servir à moi-même de compagnie.

MARIANNE

Comment ! pas un de vos amis, pas une de vos maîtresses qui vous soulage de ce fardeau terrible, la solitude ?

OCTAVE

Faut-il vous dire ma pensée ? J'avais envoyé chercher une certaine Rosalinde, qui me sert de maîtresse ; elle soupe en ville comme une personne de qualité.

MARIANNE

C'est une fâcheuse affaire sans doute, et votre cœur en doit ressentir un vide effroyable.

OCTAVE

Un vide que je ne saurais exprimer et que je communique en vain à cette large coupe. Le carillon des vêpres m'a fendu le crâne pour tout l'après-dînée.

MARIANNE

Dites-moi, cousin, est-ce du vin à quinze sous la bouteille que vous buvez ?

OCTAVE

N'en riez pas ; ce sont les larmes du Christ en personne.

MARIANNE

Cela m'étonne que vous ne buviez pas du vin à quinze sous ; buvez-en, je vous en supplie.

OCTAVE

Pourquoi en boirais-je, s'il vous plaît ?

MARIANNE

Goûtez-en ; je suis sûre qu'il n'y a aucune différence avec celui-là.

OCTAVE

Il y en a une aussi grande qu'entre le soleil et une lanterne.

MARIANNE

Non, vous dis-je, c'est la même chose.

OCTAVE

Dieu m'en préserve ! Vous moquez-vous de moi ?

MARIANNE

Vous trouvez qu'il y a une grande différence !

OCTAVE

Assurément.

MARIANNE

Je croyais qu'il en était du vin comme des femmes. Une femme n'est-elle pas aussi un vase précieux, scellé comme ce flacon de cristal ? Ne renferme-t-elle pas une ivresse grossière ou divine, selon sa force et sa valeur ? Et n'y a-t-il pas parmi elles le vin du peuple et les larmes du Christ ?

MARIANNE

Quel misérable cœur est-ce donc que le vôtre, pour que vos lèvres lui fassent la leçon ? Vous ne boiriez pas le vin que boit le peuple ; vous aimez les femmes qu'il aime ; l'esprit généreux et poétique de ce flacon doré, ces sucs merveilleux que la lave du Vésuve a cuvés sous son ardent soleil, vous conduiront chancelant et sans force dans les bras d'une fille de joie ; vous rougiriez de boire un vin grossier ; votre gorge se soulèverait. Ah ! vos lèvres sont délicates, mais votre cœur s'enivre à bon marché. Bonsoir, cousin ; puisse Rosalinde rentrer ce soir chez elle.

OCTAVE

Deux mots, de grâce, belle Marianne, et ma réponse sera courte. Combien de temps pensez-vous qu'il faille faire la cour à la bouteille que vous voyez pour obtenir ses faveurs ? Elle est, comme vous dites, toute pleine d'un esprit céleste, et le vin du peuple lui ressemble aussi peu qu'un paysan ressemble à son seigneur.

OCTAVE

Cependant, regardez comme elle se laisse faire ! — Elle n'a reçu, j'imagine, aucune éducation, elle n'a aucun principe ; vous voyez comme elle est bonne fille ! Un mot a suffi pour la faire sortir du couvent ; toute poudreuse encore, elle s'en est échappée pour me donner un quart d'heure d'oubli, et mourir.

OCTAVE

Sa couronne virginale, empourprée de cire odorante, est aussitôt tombée en poussière, et, je ne puis vous le cacher, elle a failli passer tout entière sur mes lèvres dans la chaleur de son premier baiser.

MARIANNE

Êtes-vous sûr qu'elle en vaut davantage ? Et si vous êtes un de ses vrais amants, n'iriez-vous pas, si la recette en était perdue, en chercher la dernière goutte jusque dans la bouche du volcan ?

OCTAVE

Elle n'en vaut ni plus ni moins. Elle sait qu'elle est bonne à boire et qu'elle est faite pour être bue. Dieu n'en a pas caché la source au sommet d'un pic inabordable, au fond d'une caverne profonde ; il l'a suspendue en grappes dorées au bord de nos chemins ;

OCTAVE

elle y fait le métier des courtisanes ; elle y effleure la main du passant ; elle y étale aux rayons du soleil sa gorge rebondie, et toute une cour d'abeilles et de frelons murmure autour d'elle matin et soir. Le voyageur dévoré de soif peut se coucher sous ses rameaux verts ; jamais elle ne l'a laissé languir, jamais elle ne lui a refusé les douces larmes dont son cœur est plein.

OCTAVE

Ah ! Marianne, c'est un don fatal que la beauté ! — La sagesse dont elle se vante est sœur de l'avarice, et il y a plus de miséricorde dans le ciel pour ses faiblesses que pour sa cruauté. Bonsoir, cousine ; puisse Cœlio vous oublier ! (Il entre dans l'auberge, Marianne dans sa maison.)

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